Parcours de Jean-François CARON.

 Issu de plusieurs générations de militants du combat ouvrier (arrière-grand-père délégué mineur en 1900 !) et éduqué dans un contexte d’engagement au service de l’intérêt général (père : Maire de la Commune, grand-père maternel : Maire également), la question de la mobilisation militante de l’engagement public a toujours été présente dans son parcours.

Les premières initiatives concernent l’environnement puisqu’il fonde en 1986 l’association des «Naturalistes de la Gohelle ». Dès l’époque, on retrouve plusieurs axes qui vont marquer l’action des années à venir : en opposition aux sociétés savantes de l’époque hyper spécialisées, il s’agit de créer une structure associative transversale entre les différentes sciences de la botanique, de l’ornithologie, de la mammalogie, de l’herpétologie… Il s’agit donc à la fois de mener des travaux, de l’investigation de terrain à la recherche (plusieurs publications seront réalisées à cette occasion), mais aussi de développer l’approche pédagogique avec la publication de documents, la multiplication de sorties guidées, la création des clubs nature pour les enfants. Enfin troisième axe, l’association va aussi multiplier les interpellations pour protéger les milieux et les espèces naturels, pour faire prendre conscience de l’enjeu de la biodiversité. C’est ainsi que Jean-François CARON rédige, pour le compte du Ministère de l’Environnement, le dossier scientifique qui permettra la prise d’un arrêté biotope pour le Terril de Pinchonvalles en 1991.

Dans la continuité de cette action, Jean-François CARON crée « la Chaîne des Terrils », une association qui mêle la défense de l’environnement (les terrils sont des ZNIEFF [Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique] tout à fait extraordinaires) avec une approche d’aménagement du territoire et d’urbanisme ; les terrils sont aussi des fantastiques lieux de renouvellement urbains, d’émergence de zones de loisirs originales. Bien entendu, la dimension historique patrimoniale est au coeur de tous les fondateurs de la Chaîne des Terrils : les terrils sont des montagnes faites à mains d’hommes !

La Chaîne des Terrils fédère très vite les nombreuses associations du Bassin Minier qui travaillent sur ces questions, elle atteint 14 associations regroupées qui ensemble vont travailler à une prise en compte des terrils, non pas comme de simples tas de matériaux (c’est ainsi que les Houillères de l’époque les considéraient), mais bien comme des éléments structurants d’un territoire qu’il faut gérer avec une approche intégrée de leurs potentiels et de leurs défauts. C’est ainsi que progressivement émerge une vision multiforme de l’avenir des Terrils et qu’après un long combat, une charte est signée en 1992 entre les représentants de l’Etat, des Collectivités, les exploitants de Terrils et les associations de protection de l’environnement. Depuis cette période, le conflit pour les terrils est apaisé et les diverses activités telles que : récupération de matériaux, aménagement de zones, préservation naturelle… cohabitent.

Dans la continuité de ce combat, dans les années 92-93, Jean-François CARON crée une autre association : « les Assises du Bassin Minier ». Il s’agit de commencer à penser l’après-charbon. Le territoire est alors marqué par des difficultés économiques, sociales et politiques, laissant peu de place à la prise d’initiatives, chacun cherchant à reproduire le modèle du passé (les implantations décrétées par l’Etat des années 70, par exemple avec l’automobile, restant comme un phare pour les élus du secteur). Mais les modalités du développement ont changé, le monde s’est globalisé et le développement du Bassin Minier ne peut plus se satisfaire uniquement des transferts apportés par l’Etat. Le développement du Bassin Minier implique un changement profond des mentalités et des comportements, une capacité à se projeter dans l’avenir (sans renier son passé, ni faire table rase), cela suppose de retrouver la culture de l’initiative. Or, c’est probablement là l’une des plus grandes difficultés du territoire, après un siècle et demi d’une activité très encadrée (par les Houillères, par les Syndicats, par l’Eglise, par les Partis Politiques) il faut susciter la mobilisation des acteurs, faire prendre conscience que l’ambition et les initiatives ne sont pas forcément suspectes. Cet énorme travail sur les valeurs et les comportements va prendre des années et les Assises du Bassin Minier commencent à creuser ce sillon. Par exemple, une exposition est mise en place, qui s’intitule «La galerie de l’initiative » et qui va mettre en valeur plusieurs dizaines d’opérations très innovantes dans le territoire se voulant exemplaires et aptes à susciter des vocations.

Elu en 1992 au Conseil Régional sur la liste « Génération écologie », Jean-François CARON est alors Conseiller Régional Délégué à l’Environnement. C’est notamment dans ce cadre qu’il met en place une politique du Conseil Régional liant la question de l’emploi et la question de l’environnement. Pour ce faire, il engage un vaste audit des acteurs dans ce domaine ; initiant et expérimentant les méthodes de Démocratie Participative. C’est ainsi qu’à cette époque, il fait émerger le projet des écogardes (surveillance de terrain, pédagogie à l’environnement, missions d’expertise technique sur les milieux naturels).

En 1995, on lui confie l’animation politique, en liaison avec Jean LE GARREC, des Assises Régionales pour l’Emploi et le Travail. Cette mission spécifique, également menée suivant un dispositif de concertation, permet de mettre en place des politiques innovantes dans le domaine de la réduction du temps de travail, des nouveaux services et nouvelles activités, et sur la reconnaissance des chômeurs en tant qu’acteurs dans le domaine de l’emploi.

En 1996, il rend un rapport à la Présidente de Région, Marie-Christine BLANDIN, sur la nécessité de l’émergence d’un nouveau projet de territoire pour le Bassin Minier. Cette démarche institutionnelle, intitulée « Conférence Permanente du Bassin Minier », relaye la démarche associative des Assises du Bassin Minier. Après avoir mobilisé plus de mille personnes pendant deux ans, un livre blanc sur l’avenir du Bassin Minier est présenté à Ohlain fin 1997 ; il identifie les chantiers prioritaires pour l’après-charbon, et donnera dans la foulée matière à un CIADT pour le Bassin Minier.

En 1998, il est élu tête de liste des Verts pour le Département du Pas-de-Calais. Elu deuxième Vice-Président du Conseil Régional, il endosse la responsabilité du Développement Durable, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Cet intitulé a été négocié avec le Président de Région Michel DELEBARRE, sur le raisonnement qui consiste à placer le Développement Durable en amont de toutes les politiques, comme une méthodologie de questionnement et de management des politiques publiques. L’aménagement du territoire est une déclinaison de cette approche plus incarnée à l’échelle des territoires, et les politiques environnementales sont un des éléments constitutifs du développement durable aux côtés des piliers socio-économiques. D’emblée, il imprime donc une vision globale et transversale (le Développement Durable n’est pas la simple addition d’une « couche environnementale » sur l’ensemble des politiques publiques).

En janvier 2000, il présente à l’assemblée régionale le premier rapport de l’institution pour le millénaire. Ce rapport concerne le Développement Durable et va identifier quatre axes stratégiques :

  1. Conforter la méthodologie de mise en œuvre du Développement Durable (recherches, indicateurs, évaluations…) ;
  2. Décliner le Développement Durable dans toutes les politiques portées par la Région ;
  3. Soutenir le Développement Durable chez l’ensemble des acteurs régionaux impliqués sur ce champ : agenda 21 territoires, réseaux d’acteurs, associations…
  4. Favoriser la diffusion et la transférabilité du Développement Durable (plan de formation Développement Durable), mise en place du CERDD (Centre Ressource du Développement Durable).

Dans le cadre des politiques environnementales, c’est aussi à cette période que se met en place une politique innovante économie-environnement à partir de cette délégation. Il s’agit d’aider à structurer et à développer la filière des entreprises travaillant dans le champ de l’environnement, dites éco-entreprises.

C’est notamment dans le cadre de cette politique qu’est créé le Centre de Développement des Eco-Entreprises (CD2E).

Simultanément, dans le cadre des politiques d’aménagement du territoire, il lance et anime les débats du Schéma Régional d’Aménagement du Territoire, auquel il souhaite donner une dimension participative très forte.

La Conférence Permanente du Bassin Minier continue ses travaux, notamment dans le champ encore tout récent de l’articulation entre la Métropole Lilloise et le Bassin Minier.

En 2004, il conduit la liste régionale des Verts. Ne souhaitant pas multiplier les mandats, il ne reprend pas de vice-présidence, mais assume depuis la présidence du groupe des Verts tout en gardant l’animation du Schéma Régional d’Aménagement du Territoire qui sera adopté en 2005.

Au niveau plus local, élu Conseiller Municipal à Loos-en-Gohelle en 1995 avec la délégation à l’Urbanisme et à l’Environnement, il conduit la révision du Plan d’Occupation des Sols, et met en place plusieurs politiques structurantes dans le domaine du Développement Durable appliqué au niveau local et notamment la Charte du Cadre de Vie en mai 2000.

Elu Maire en 2001, il s’attache à développer, au plus près des habitants et en co-construction avec la population, une ambitieuse stratégie pour un développement plus respectueux des hommes et de l’environnement. Cette action passe par la mise en œuvre des actions d’une charte du Cadre de Vie dans le domaine de la biodiversité, de l’eau, de l’énergie, de l’habitat durable, de l’éco-mobilité… et les bases d’une politique assimilable à un Agenda 21 local.

Progressivement, la ville devient un lieu d’innovation et d’expérimentation reconnu. De nombreux étudiants sont accueillis à l’année, et la ville assume un statut de ville pilote dans le domaine du Développement Durable avec en moyenne une visite des réalisations par semaine, qu’il s’agisse d’élus, de techniciens, d’associations, de chercheurs…français ou étrangers.

Au niveau local, un fait marquant est la reconversion d’un des trois grands sites de la mémoire de la mine : la fosse 11/19. Sur ce site qui caractérise une certaine forme de développement non-durable, issu du modèle industriel des XIXe et XXe siècle, il s’attache, avec l’appui de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin, à la fois à préserver le site dans sa dimension patrimoniale, mais en lui redonnant un usage autant qu’un message : créer un pôle de référence et de démonstration du Développement Durable sur un site qui évoque justement son contraire. Le site du 11/19 développe donc des volets économiques, sociaux et environnementaux avec la mise en place du Centre de Développement des Eco-Entreprises, qu’il préside. Le Centre Ressources du Développement Durable s’installe également sur ce site. Cette structure a pris un statut de GIP et permet d’expertiser et de diffuser le Développement Durable. Sont également présents, la Chaîne des Terrils, qui a le label CPIE (Centre Permanent d’initiatives pour l’Environnement), Culture Commune, qui a le label de Scène Nationale, et qui travaille sur la création artistique en articulation avec de très nombreuses communes du territoire minier et la population. Le premier acteur privé à s’installer sur le territoire fut la Jardinerie DELBARD aujourd’hui rejointe par un cabinet d’architectes à Haute Qualité Environnementale. Plus récemment, c’est la Fédération Française de Bâtiment qui décide de mettre en place le projet de Villavenir (développement de six maisons témoins de l’ensemble des technologies de l’éco-construction avec une visée pédagogique pour le grand public, pour les entreprises du bâtiment et à terme un pôle formation). Deuxième projet en cours, l’émergence d’une centrale solaire avec là aussi un important volet pédagogique, un volet formation et à terme un volet recherche-développement. Sur ce site, la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin a également décidé de mettre en place un espace de démonstration pour les éco-matériaux.

Par effet d’entraînement, la Communauté d’Agglomération a décidé de lancer en 2006 une démarche d’urbanisme durable qui intègre le projet du Louvre et plusieurs quartiers miniers en renouvellement urbain.

Dans la continuité de toutes ces actions, et parce que pour lui un nouveau développement ne peut qu’être articulé à la question du patrimoine, il lance, en 2002, l’Association Bassin Minier Unesco dont l’objectif est la reconnaissance du patrimoine matériel et immatériel généré par l’activité minière sur ce territoire. Ce projet actuellement en cours de traitement par les services du gouvernement a de bons espoirs d’émerger vers 2010 ; ce qui serait une reconnaissance extraordinaire car à ce jour aucun bassin charbonnier n’est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Il préside depuis  2003 l’Etablissement Public Foncier, un établissement chargé du traitement des friches de politique foncière pour l’ensemble du territoire régional (notamment pour le foncier du logement social).

Enfin, depuis la mise en place des relations fines entre le territoire minier et celui de la métropole lilloise, il participe à différentes instances (dont le Conseil de Développement LMCU) et œuvre à la création d’événements significatifs et symboliques entre les territoires, tels que la Route du Louvre, dont les 2 éditions (2006 et 2007) ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes.

 Au-delà de ce parcours, et des réalisations factuelles, Jean-François CARON insiste sur la question des pratiques partant du principe que les postures pour agir sont aussi importantes que les résultats obtenus.

7 Responses to “A propos”


  1. 1 cabillic août 26, 2010 à 10:00

    bonjour,
    j’habite st pol sur mer,la cité BP(rue de lavera)…à l’entrée un superbe espace vert,un des derniers…
    aujourd’hui,sans prévenir,des bulldozers ont débarqué et ont défiguré cet espace vert.Pourquoi ? une aire de retournement pour les bus…
    scandaleux mais tout le monde s’en fout
    merci

  2. 2 cabillic septembre 15, 2010 à 8:02

    vous répondez jamais ??

    • 3 jfcaron septembre 15, 2010 à 8:24

      Si. Comme vous pourrez le constater sur d’autres ommentaires. Mais pour le moment, malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé de renseigneent sur le projet qui vous ennuie;
      Dans la comune dont le suis maire, nous avons mis sur pied une démarche systématique de concertation avec les habitants sur les projets . Ce qui permet au moins d’éviter ce qui vous arrive. Avez vous rrencontré votre maire? A moins qu’il ne s’agisse d’un terrain privé. Auquel cas, bien entendu, le propriétaire est libre d’en faire ce qu’il veut.

  3. 4 cabillic septembre 16, 2010 à 9:59

    Bonsoir et merci d’avoir pris le temps de me répondre.
    Sans recherche particulière, il s’agit de 2 espaces verts de 2000 m2 rien que cela, avec d’un coté une aire de retournement pour bus et de l’autre la construction de 18 logements, avec en prime l’abattage de 15 peupliers centenaires au milieu d’un espace vert. On s’excuse du peu. Le tout en zone classée monument historique. Les logements sont construits par Partenord, le tout avec l’accord de la commune puisqu’il y a permis de construire, non ?
    Vos recherches ne se sont peut-être pas portées sur la bonne commune …. ah oui,je viens de rencontrer l’adjoint du Maire qui a bien voulu me faire part de ses regrets concernant l’absence de concertation concernant ce projet.Naïvement,je pensais,qu’en 2010,il était inconcevable d’assister à l’abattage d’une quinzaine d’arbres,le saccage d’un vaste espace vert pour faire place à du béton.

    Merci

    59430 st pol sur mer

  4. 5 Philippe Mioity février 13, 2014 à 10:25

    Merci pour votre belle intervention hier après midi au Louvre Lens avec le groupe du CHEDE.

  5. 6 Degroote Annie juin 10, 2014 à 10:25

    Bonjour Monsieur Caron,j’espère que vous avez reçu mon ouvrage  » fier d’être Nordiste  » dans lequel vous figurez. je n’ai pas votre mail, mais je désirerais vous inviter à une soirée du 19 juin à l’Assemblée nationale où je serais très heureuse de vous accueillir, car vous faites vraiment partie des raisons d’être fier de notre région;

  6. 7 COHEN Florence février 5, 2017 à 1:54

    Bonjour Mr Caron, quand vous présentez vous comme président de la France? Moi je vote tout de suite pour vous ! Vous représentez mes idées juste qu’il faudrait que vous amélioriez votre anglais ! Je suis prête à travailler pour vous, si nous pouvons faire bouger les choses, je suis partante …


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