Le gaz de houille, le gaz de schistes, le gaz de mines ? Comment s’y retrouver, qu’en penser ?

Sur le principe même d’exploitation des gaz

Le réchauffement climatique lié à l’émission de carbone (co2, gaz à effet de serre) est le plus grand défi auquel nous soyons confrontés sur le prochain siècle. Or le gaz extrait, le méthane, est un des plus gros émetteurs de carbone.
C’est pourquoi il parait paradoxal d’investir dans l’exploitation de ces gaz pour gagner quelques années de disponibilité énergétique (et encore à quelles conditions financières ?), alors que nous dépensons déjà des milliards d’euros à l’échelle planétaire pour lutter contre le réchauffement climatique. L’utilisation de carbone d’origine fossile ne peut donc être une bonne perspective

Sur les conditions d’exploitation

Le gaz de schiste présente de graves problèmes environnementaux liés à son exploitation qui s’ajoutent à ceux liés à l’émission importante de carbone.
Sur les territoires, l’impact sur l’environnement de son mode d’extraction, la fracturation hydraulique, est important. De 10.000 à 15.000 m3 d’eau par puits, l’équivalent de 4 piscines olympiques !. Le manque de transparence sur les additifs chimiques utilisés fait peser également des risques de pollution des nappes phréatiques et des rivières. Enfin le nombre important de puits nécessaires impacte fortement les paysages.

Dans le cas du gaz de houille, il n’y a pas de fracturation mais l’exploitation n’est toutefois pas sans impact : les nouvelles installations de surface, les infrastructures routières, les forages qui passent à travers les nappes phréatiques avec des risques de fragilité de celles-ci, sont autant d éléments à prendre en compte.

Le gaz des mines est à traiter différemment. C’est en effet un gaz « fatalement » produit.
Derrière l’exploitation de la mine, dans les galeries, le gaz suinte à travers les parois, monte en pression. C’est pour cela que les élus ont souhaité récupérer ce gaz dans le bassin minier du Nord-Pas De Calais. Car lors de la montée en pression, le gaz commençait à s’échapper par des orifices de mines mal bouchés, avec des risques importants d’explosion (Ce gaz est en effet tristement célèbre: le grisou.
Ce gaz est donc récupéré depuis des années, ce qui évite un problème de sécurité publique. Et quitte à faire venir du gaz de ce type de Sibérie ou d’Algérie, autant l’exploiter chez nous que de l’importer.

En conclusion

L’état, de grands groupes, pourraient être tentés prêts d’engager des sommes importantes pour récupérer de nouvelles énergies fossiles et ce faisant, espérer garder des coûts faibles pour l’énergie et pour créer de l’emploi. Bien sur en niant le besoin futur de financements importants pour réparer les dégâts causés.

Mais si c’est pour engager des moyens lourds en recherche et innovation, pourquoi le faire en direction d’une piste qui va en sens contraire des nécessités ! Pourquoi ne pas les affecter sur des réponses les plus adaptées

Deux grandes pistes se dégagent : des engagements financiers centrés sur les économies d’énergies à grande échelle (comme la réhabilitation thermique de l’ensemble du parc de logement français) et le développement des énergies renouvelables.

Si nous souhaitons de l’énergie à un prix accessible et durablement, si nous voulons développer la création d’emplois dans ce secteur, si nous voulons combattre le changement climatique, il s’agit de concentrer nos capacités de recherche, notre intelligence collective et nos financements dans la transition énergétique. Et non dans des technologies aggravant l’effet de serre et dont les impacts sur les milieux sont loin d’être négligeables.

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3 Responses to “Le gaz de houille, le gaz de schistes, le gaz de mines ? Comment s’y retrouver, qu’en penser ?”


  1. 1 poilly christine juillet 7, 2013 à 9:26

    Monsieur Caron

    Je suis en accord avec votre analyse sur la relation gaz de houille / gaz à effet de serre, bien sur
    Mais s’agissant de gaz de mines, je serais plus prudente.
    En effet, s’il est évident qu’il faut exploiter ce gaz qui serait un danger potentiel pour les populations et dont l’extraction ne nécessite pas de fracturation, il n’en est pas moins inquiétant de subventionner l’électricité qui serait produite à partir de ce gaz
    d’une part, lorsque EGL puis TRANSCOR ont acheté gazonor, ce qui les intéressait n’était pas la production de gaz de mine, mais la récupération des permis liés à l’exploitation des gaz de couches!
    Gazonor produit de façon rentable du gaz de mine, empoche les bénéfices et lorsque cela devient moins rentable, on subventionne ! et ce sont les consommateurs qui payent au titre de la CSPE : le gaz de mine serait-il une énergie renouvelable????
    d’autre part, on voit déjà le glissement poindre dans les médias qui utilisent indifféremment et volontairement gaz de houille pour gaz de mine
    Alors, lorsque le rendement aura encore diminué pour les gaz de mines, on nous expliquera que c’est pas grave, pour alimenter les centrales à gaz, il suffit d’exploiter le gaz de couche!
    avec tout son cortège de dégâts environnementaux !
    de surcroit, comme les rendements diminueront très vite, on aura le choix entre engager une course folle sur le nombre de puits ou fracturer les puits existants pour augmenter leur rendement !

    et comme ils aurons fracturé dans le Nord ou en Lorraine, il n’y aura plus de raison pour ne pas s’engager dans l’insupportable voie des gaz de schistes!
    non, au vu de la pression du MEDEF, de certains ministres et surtout des lobbies pétroliers, ce n’est pas de l’affabulation !

    J’aimerais vous voir prendre position clairement sur cette subvention de l’électricité provenant su gaz de mine et demander clairement au gouvernement de s’engager pour que ce glissement vers les gaz de couche ne soit pas possible !

    quand à la subvention : serait-ce une façon de subventionner les forages pour l’exploration des gaz de couche que veut réaliser EGL mais que l’entreprise n’a pas les moyens financiers d’assumer???

    christine poilly

    • 2 jfcaron juillet 22, 2013 à 1:46

      Bonjour Madame,
      Comme vous le savez, le gaz de mine est un gaz fatal qui se dégage naturellement des mines de charbon, aujourd’hui fermées. On doit donc le récupérer au regard du danger qu’il représente.
      Mais le gaz de mine reste du méthane et à ce titre je ne suis pas favorable à ce que l’électricité produite avec ce gaz bénéficie d’un tarif préférentiel financé par la CSPE, car cette Contribution au Service Public de l’Electricité doit être au service exclusif du financement des énergies renouvelables.
      Bien cordialement
      JF Caron

      • 3 poilly christine juillet 24, 2013 à 11:27

        Monsieur Caron

        je sais ce qu’est le gaz de mine et je n’en conteste pas son exploitation (qui est passive) bien sur.
        3 choses me paraissent inacceptables
        * fabriquer de l’électricité à partir d’énergie fossile
        * donner une subvention pour l’exploitation des gaz de mines alors que les bénéfices ont été privatisés par une entreprise qui visait les permis d’exploration « gaz de couches » (et par la CSPE de surcroit !)
        * mais ce qui est surtout inquiétant est le glissement vers l’exploitation des gaz de couches
        pour se convaincre de la réalité de ce glissement, il suffit de regarder le site d’EDF qui vante déjà le formidable potentiel de gaz que pourrait mettre en évidence l’entreprise EGL dans les bassins houillers français, c’est à dire … du gaz de couche !!!

        pourriez vous donner clairement votre position s’agissant des gaz de couches?
        d’avance, je vous remercie de me répondre

        bien cordialement
        christine poilly


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