la situation au Japon pose de vraies questions sur notre rapport à la nature et à la technique

Les accidents successifs à la centrale de Fukushima, au Japon, les incertitudes qui pèsent sur au moins 3 autres centrales dans la même région, démontrent de manière dramatique la fragilité extrême que représente le nucléaire civil.

Nous sommes aujourd’hui tous solidaires des japonais qui se retrouvent terrassés par les conséquences dramatiques d’un double tremblement de terre extrêmement violent, et d’un tsunami dévastateur. Et qui, malgré le choc, et dans cet état de désarroi, doivent essayer d’éviter le pire, et chercher à se protéger des conséquences dramatiques d’un accident nucléaire, qui met en péril leur pays tout entier.

Le nucléaire présente un risque énorme, c’est évident !
Si les écologistes, depuis toujours, dénoncent le nucléaire, c’est bien parce que cette source d’énergie (en plus d’un certain nombre de limites tels les déchets nucléaires pour les générations futures notamment), est potentiellement extrêmement dangereuse !
En France ou ailleurs, ce risque est présent, la catastrophe Xynthia, la tempête de 1999 auraient aussi pu provoquer des réactions en chaine de ce type. La construction d’ITER est elle-même prévue sur une faille sismique. Et faute d’anticipation, ou même de savoir comment assurer le démantèlement des centrales existantes, leur durée de vie est artificiellement prolongée, avec tout ce que cela implique de risque supplémentaire.

Le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais. Mais en l’occurrence les risques liés au nucléaire sont d’une telle ampleur sur la vie même, qu’il est impératif d’en sortir au plus vite, et de s’en donner les moyens. Les légendes entretenues depuis toujours par les porteurs de la filière sur la maîtrise des risques volent en éclat. Même au Japon, pourtant très organisé dans la gestion du risque sismique, on voit bien qu’en situation de catastrophe naturelle d’ampleur, toutes les « mesures de précaution » sont mises en échec.
Pire, la France continue de s’évertuer à vendre notre industrie nucléaire de part le monde, y compris dans des zones extrêmement fragiles et instables politiquement…

Les scénarios de sortie du nucléaire sont maintenant bien établis.

Les discours ambiants tentent de traiter tout autre moyens et décisions comme dérisoires, et peu sérieux, alors que la situation actuelle met bien en lumière l’irresponsabilité totale que représente la course au développement nucléaire.

Bien sûr, sortir du nucléaire ne se fera pas du jour au lendemain, cela doit se prévoir dans le temps.

-En programmant cette sortie du nucléaire, en arrêtant de construire de nouvelles centrales, en envisageant sérieusement le démantèlement des centrales existantes.

-En réduisant de manière systématique et lourde la consommation, par des procédés de production économes et responsables, par exemple par la réhabilitation thermique de tous les bâtiments, comme cela s’engage en Nord Pas-de-calais.

-En développant dans le temps des sources d’énergies renouvelables, locales, et sans risque.

Or c’est précisément les décisions inverses qui sont prises par l’Etat. Au prétexte que cela va coûter cher… Comble de l’hypocrisie. A titre d’exemple, le gouvernement nous explique que le solaire photovoltaïque va faire exploser nos factures d’électricité au bénéfice de quelques acteurs engrangeant une rente indue et ne bénéficiant pas à l’emploi français.

C’est faux. Même si la part du solaire photovoltaïque était multipliée par 10, cela représenterait moins de 1% de la facture! Dans le même temps, aucun ministre n’a trouvé curieux que l’acheminement, qui représente lui 30 à 40% de la facture, augmente sur des bases bien moins claires que la Contribution au Service Public de l’Electricité, ni même qu’EDF gage le démantèlement des ses centrales nucléaires sur le réseau de transport de l’électricité financé par mutualisation… Personne non plus pour souligner que la «non disponibilité» des centrales coûte des centaines de millions d’euros à EDF chaque année ou que chaque EPR dépasse de quelques milliards le prix annoncé…. Ce sont pourtant là des raisons objectives derrière la hausse annoncée des tarifs de l’électricité.

De plus, le développement de ces filières d’énergie renouvelable répond aussi à un besoin crucial et urgent de nos sociétés : la création d’emplois ! Ces productions locales, génèrent 10 fois plus d’emplois que l’exploitation de centrales nucléaires. La réhabilitation thermique des bâtiments est elle aussi génératrice de milliers d’emplois.

En conclusion
La situation actuelle du Japon est un événement considérable dans la relation entre l’homme, la nature et la technique. C’est l’avenir d’une nation qui est en jeu ! Il n’est désormais plus possible de penser les choses de la même façon.
Il m’arrive souvent de citer Edgard Morin, en disant qu’au XXIème siècle, l’humanité a rendez vous avec elle-même. Aujourd’hui, elle est au pied du mur.
Il est temps de sortir du nucléaire, d’investir massivement contre le gaspillage d’énergie, et de lancer un gigantesque plan d’investissement dans les énergies renouvelables.

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1 Response to “la situation au Japon pose de vraies questions sur notre rapport à la nature et à la technique”


  1. 1 VEAUTE lucien mars 14, 2011 à 5:42

    Certe le nucléaire représente un danger de plus dans une région comme la vallée du rhone ou il y a une forte concentration de centres toutefois je fais emarquer que si nous sommes indépendant du moins pour la prouction electrique il est ,comme c’etait le cas l’an dernier de prévoir le charchement des reacteurs au bon moment c’est une opération délicate .QUAND AU PANNEAU PHOTOS VOLTAIQUE il faut pratiquement 24 ans pour les amortir il faudrait donc arriver à ce que l’état et non des organismes privés prennent cela en main mais!!!!


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