le gouvernement enterre l’économie verte

Au motif de réduire les niches fiscales, le gouvernement confirme sa volte face sur l’économie verte. Après s’être auto érigé plus écolo que les écolos, après avoir signé le pacte de Nicolas Hulot, puis avoir enterré la taxe carbone, annoncé que l’environnement, « ça commençait à bien faire »… voilà que les niches consacrées à la transformation des comportements vers un modèle plus responsable sont les premières à y passer.

On ne peut que déplorer l’absence flagrante de vision économique stratégique, de souci d’efficacité de la dépense, et d’équité.

Globalement, ce ne sont pas les niches fiscales qui s’adressent aux contribuables les plus fortunés ou qui portent sur les produits d’épargne qui sont affectés par cet exercice de communication, mais ceux qui visent les classes populaires ou moyennes, et les champs de la transformation de l’économie vers un modèle plus responsable et durable.

Le gouvernement semble toujours réticent à remettre en cause sérieusement le bouclier fiscal, la baisse inefficace de la TVA pour la restauration (malgré un coût de l’ordre de 2,5 milliards) ou l’exonération des heures supplémentaires (plus de 4 milliards). Et il continue de fermer les yeux sur une niche Copé à environ 20 milliards sur 3 ans.

 Mais c’est sur les niches écologiques que l’absence de vision est la plus criante. Le gouvernement souhaite ainsi faire des économies en remettant en cause les avantages fiscaux bénéficiant aux panneaux solaires ou encore à l’isolation des bâtiments. Si ces niches peuvent être retravaillées pour améliorer leur efficacité, vouloir les réduire est une faute grave. Elles constituent un des outils principaux de la transformation écologique de la France, seule à même de créer massivement des emplois, de préserver la compétitivité industrielle de la France, de réduire la facture énergétique des ménages au moment où les prix de l’énergie (électricité, gaz, fioul et carburants) ne cessent d’augmenter.

Ce qui se passe en région, autour du pôle des éco activités, par exemple, ou du pôle de compétitivité TEAM² ont pourtant d’ores et déjà démontré les cercles vertueux que pouvaient porter de telles démarches, et le développement de l’économie verte en particulier.

Plutôt que de taper sur les niches écologiques, l’Etat ferait mieux de remettre en cause les niches anti-écolos ! Commencer par celle pour les agrocarburants, inefficace tant pour l’environnement que pour le budget public, est un bon début.

Mais il faudrait aller plus loin encore : en remettant en cause les multiples exonérations de taxes énergétiques, c’est environ 4 milliards d’euros supplémentaire pour l’Etat chaque année ! Et on peut continuer avec les dépenses pour les infrastructures routières ou encore pour soutenir l’industrie automobile sans aucune conditionnalité sociale et écologique.

 Ce seraient là de vraies économies durables sur les budgets publics.

Alors que les Etats-Unis et la Chine investissent massivement sur l’économie verte, les économies d’énergie dans le bâtiment ou les énergies renouvelables, la France choisit l’enlisement dans l’économie d’hier, actant douloureusement la récession économique, les délocalisations et la destruction de milliers d’emplois.

Comme l’a souligné Europe Ecologie, les annonces de réduction des soutiens au développement durable confirment malheureusement que les discours du Président Sarkozy et du gouvernement n’étaient que de la poudre aux yeux. A l’heure des choix, ce sont les ménages les plus riches et les grands lobbies industriels et agricoles qui continuent de rafler la mise. Le Grenelle de l’environnement n’est plus seulement mort, il est enterré. La France mérite malheureusement de faire partie des pires élèves européens en matière de fiscalité écologique.

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1 Response to “le gouvernement enterre l’économie verte”


  1. 1 Philippe septembre 13, 2010 à 11:26

    Vous avez raison, il faut que le gouvernement soit juste et qu’il tape aussi sur les niches anti-écologiques pourtant on ne peut pas crier au scandale, le fait qu’il diminue les niches fiscales écologiques.
    En effet, à qui profite ces niches ?
    Aux locataires, aux petits propriétaires ? non bien sur
    Elles profitent au monde consumériste ultra pollueur qui se finance sur nos impôts de surcroît !
    Ou sont fabriqué les panneaux solaires ?
    sont-ils fabriqués de manière à respecter l’environnement ?
    Avons-nous les moyens de les recycler autre que de les envoyer à l’autre bout de la planète ?
    Le silicium est-il en réserve suffisante ?

    Que l’état finance des fabrications Françaises et locales à moindre coût et avec des usines « propres », ce sera plus utile et bénéfique pour tout le monde …


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