L’environnement, ça commence à bien faire…

 

Après les élections régionales, Nicolas Sarkozy avait donné le ton, finalement, la prise en compte des enjeux écologiques, ça l’ennuie, et en plus, ça ne rapporte pas les voix escomptées… Retour donc aux bonnes vieilles théories économiques reagano-thatchériennes d’il y a 30 ans. Le tout coïncidant avec la montée des écolo-sceptiques et lobbies en tout genres, la mort du Grenelle était prévisible. Le renoncement sur la taxe carbone n’était qu’un premier pas. Les masques tombent.

Le texte dit du Grenelle II est présenté ce jour à l’adoption de l’Assemblée Nationale.

On l’avait dénoncé, décrit, expliqué au fil des mois, sous couvert de la « nouvelle gouvernance » avec les 5 collèges, les lobbies divers et variés ont eu une parole prépondérante dans la préparation de ce texte, qui en ressort essoré, et entérine désormais un recul énorme par rapport aux engagements affichés et aux débats relativement consensuel du Grenelle lui-même.

Quelques exemples :

–          Sur le développement de l’éolien

   Le Grenelle affichait l’ambition d’un recours aux énergies renouvelables à hauteur de 25% de la demande national et un développement fort de la filière éolienne dans ce cadre. Ceci aurait permis à la France de rattraper un retard déjà considérable par rapport à d’autres pays d’Europe, et de créer un nombre d’emplois importants.

Les amendements, et tracasseries en tous genres inventées pour « réguler » l’implantation d’éoliennes en France empêche de fait l’installation de 75 % des projets prévus à ce jour, et donc tout développement sérieux de la filière.

L’installation d’un parc éolien devient maintenant, aux dires des auteurs des amendements, aussi dangereuse que la pire installation SEVESO. Amusant d’ailleurs de constater que là où, sur d’autres enjeux écologiques, toute contrainte constitue « un frein à la croissance intolérable en cette période de crise », pour cette filière en particulier, c’est l’inverse…

Pourtant, ce secteur demeure l’un des seuls où une croissance à deux chiffres se confirme. Alors que le chômage franchit la barre des dix pour cent, il génère des emplois nouveaux ou issus de reconversions, peu ou très qualifiés. Il offre des opportunités de diversification d’activités pour des sous-traitants habituellement positionnés sur les marchés de l’automobile, l’aéronautique ou la construction navale. L’éolien est ainsi concrètement porteur d’avenir pour des milliers de salariés et leurs familles, et le tout dans une logique de mutation vertueuse de l’économie. 10 000 emplois sont aujourd’hui concernés par l’éolien en France. Avantage considérable : ils sont difficilement délocalisables. Avec des objectifs confortés, la filière verrait son effectif atteindre les 60 000.

–          Sur la mutation de l’agriculture

  Là aussi, le Grenelle affichait, suite aux débats ouverts du départ, l’ambition de réduire de 50% les apports en pesticides dans l’agriculture, au motif que leur nocivité sur la santé publique était reconnue et partagée.

Finalement, plus aucun objectif de réduction dans le texte qui sera présenté aux députés, mais simplement une réglementation de la publicité sur les produits phyto sanitaires en direction du grand public.

Les lobbies industriels ont prétexté la crise pour ne pas réduire leurs ventes. Se faisant, ils enferrent tout un secteur dans une crise qui dure et s’aggrave, au lieu de préparer une mutation salutaire pour les agriculteurs et pour nous tous, consommateurs, et reportant, une fois de plus sur la puissance publique, les coûts croissants de « réparation » et pour les agriculteurs qui ne peuvent plus vivre de leur travail, et de santé publique…

–          Sur l’étiquetage vert

     Le Grenelle prévoyait d’accompagner les changements de comportement des particuliers en les informant, en les rendant acteurs du changement de modèle. Pour cela, un étiquetage des produits de consommation sur les coûts écologiques de leur production, de leur emballage, de leur transports…

Finalement, comme sur la taxe carbone, le gouvernement recule là aussi. Il ne ferme pas complètement le sujet mais prévoit une expérimentation restreinte du dispositif, en vue d’une possible généralisation.

C’est sûr qu’il sera difficile pour les gens, mêmes motivés, d’adopter de nouvelles pratiques s’ils ne sont pas informés et éclairés.

–          Sur la taxe poids lourds

   Le Grenelle affichait l’ambition, pour intégrer la réalité des coûts du transport routier, de développer une éco redevance kilométrique sur les poids lourds de plus de 3,5 tonnes. Renoncement aussi sur ce point là, juste une vague expérimentation en Alsace uniquement, et avec une réflexion pour la suite repoussée à … après les présidentielles.

Ce ne sont que quelques exemples de ces retours en arrière, par rapport à une recherche initiale ambitieuse de traiter vraiment les enjeux, de construire les mutations vers un modèle plus soutenable de développement, dans l’intérêt général.

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Jean François CARON

Maire de Loos en Gohelle

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